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11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 15:01

Le succès de cette mini-série, dont la particularité est de tenir en 1’40’’ et de multiplier les plans, apparue il y a bientôt un an sur Canal +, n’a cessé de drainer un nombre considérable d’afficionados et autres fans – jusqu’à être parodié par les Guignols-mêmes- et certains n’ont pas hésité à voir en celle-ci un véritable phénomène de société, d’autres, comme Le Monde à revisiter Tocqueville pour mieux l’appréhender (http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/11/24/bref-tocqueville-avait-raison_1608792_3232.html).

 

Quoi qu’il en soit les créateurs de cette série ont annoncé qu’après moins d’un an ils ne voulaient pas risquer la « saison de trop » et de déclarer joliment sur leur page Facebook « le dessin est fini il serait dommage de colorier la table ». Décision louable – courageuse ?- ou tout simplement n’y avait-il plus rien à dire sur le rien qui n’avait déjà été dit ?

 

En effet, Bref recompose un très grand nombre de scènes de la vie quotidienne (prendre le métro, déménager…), nombrilistes et globalement partagées par chacun sous un angle humoristique, on y retrouve d’ailleurs les accroches de la publicité avec son adhésion par l’humour.

 

Quoi qu’il en soit cette série a le mérite de faire ressurgir 3 caractéristiques majeures de la société actuelle ou pour le moins des jeunes trentenaires qui la composent :

 

- L’utilisation des technologies

 

De nombreux épisodes font part des de la communication via smartphones ou réseaux sociaux (en particulier « j’ai envoyé un texto », « j’ai passé un coup de fil »…) démontrant par-là l’usage natif qu’en fait tout un chacun dans sa communication. Mais ceci n’est pas une nouveauté, même brillamment monté. Ce qui est plus remarquable c’est la stratégie de communication de la série en elle-même via les réseaux sociaux pour maintenir le cap de la visibilité de la série sur le site officiel (toute reprise sur Youtube étant systématiquement éradiquée). On ne parlera pas du nombre de fans sur FB même si le volume de près de 3 millions est, à tout le moins, significatif de l’écho rendu.

 

- Les pratiques sexuelles

 

Sujet quasiment omniprésent, de manière potache ou inconsciente, la série fait de la sexualité un de ces thèmes de prédilection. Ce qui est intéressant c’est qu’elle l’aborde de façon complètement désinhibé avec son héros principal, sorte d’anti-héros justement, pour qui l’onanisme comme l’infidélité sont des pratiques sociales ancrées. En ce sens il n’y a rien d’immoral dans tout ce qui est filmé mais bien amoral ; on se met dans la tête d’un homme quoi de moins surprenant semble sous-entendre la série ? Il est aussi très intéressant d’avoir renversé les points de vue, notamment celui de la jeune femme Marla pour reconsidérer le côté féminin au travers de « J’ai un plan cul régulier ». Sans fioritures, à la limite du vulgaire, mais jamais outrancier et toujours respectueux.

 

- Les conditions de travail et la précarité de l’emploi

 

Peut-être le thème le plus intéressant de toute la série, thème omis des politiques et des films français actuels : la précarité des jeunes aujourd’hui. « Je suis en mode survie » est un excellent exemple tout comme les passages où le héros passe des entretiens. On y aborde aussi des sujets très contemporains comme les calls center et la rationalisation des espaces de travail, la déshumanisation aussi des discours.

 

Pépite de dynamisme et de trouvailles, Bref est avant tout intéressant par le reflet en creux de nous-même, dans notre capacité à agir et interagir au sein de notre société. Penser court et de manière disruptive il reprend notre façon de zapper et de passer d’une chose à une autre, de consommer les relations plus que de les bâtir (« j’ai fait une soirée déguisé ») ; il est symptomatique du morcellement du travail et de nos ratiocinations quotidiennes. Bref est aussi une leçon sur la stratégie de diffusion au travers des réseaux sociaux même s’il nous rappelle de façon nostalgique ce que fut le monde avant l’arrivée de toutes les nouvelles technologies à l’aube de l’an 2000 « bref j’ai grandi dans les années 90 ». Au final on ne peut que louer de jeunes auteurs à arrêter après une courbe si ascendante vers le succès, peut-être n'y avait-il plus non plus matière à, et si Bref s'arrête ce n'est pas une fin en soi leurs  fans pourront toujours les retrouver sur le site internet dédié.

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