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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 20:09

Une nuit, où le monde dort, au coeur d'une des villes les plus importantes de notre planète une entreprise a développé en son sein un cancer et il ne s'agit alors plus pour ceux qui le découvrent de le traiter mais de le propager au plus vite pour ne pas en être victime...

 

Ainsi au travers une unité de lieu, de temps et d'espace, soient 24 heures au sein d'une entreprise américaine qui va déclencher une crise financière sans précédent, Margin Call développe brillamment l'annonce implacable d'une catastrophe et les réactions de 8 protagonistes face à celle-ci.

 

Margin call n'est pas seulement un film sur l'avidité et encore moins un film immoral, c'est un film amoral qui traite du vertige face au dérèglement soudain, du sentiment de vide face à une situation unique et sans précédent. Il ne juge pas les gens, il raconte leurs réactions.

 

Grâce à un casting redoutable et sans fausse note avec notamment Jérémy Irons, Kevin Spacey ou encore Demi Moore, Margin Call démontre sans aucun préjugé la réification de notre monde actuel et sa dépendance totale à l'argent, valeur immatérielle et fluctuante. Ce film est à la fois un bestiaire des cadres dirigeants en entreprise et une décapante mise en scène d'une humanité qui s'auto-détruit.

 

Premier long métrage de JC Chandor, celui-ci développe avec une maîtrise rare les hommes face à leur destin et les choix qui leur incombent. Il y a les carnassiers -Jérémy Irons- qui rappellent sans embages (on pense à la scène au restaurant) qu'il ne s'agit pas là de la première et sans doute pas la dernière crise et qu'il faut bien survivre; il y a les jeunes premiers, les belles ambitieuses -Demi Moore- fauchées dans leur ascension, ceux qui rêvaient d'être les ingénieurs en génie civil ou astrophysique qu'ils auraient dû être et qui ont préféré les équations complexes de la finance à la construction des ponts - Stanley Tucci - pour une meilleure rémunération.

 

Contrairement à the Company Men, Margin Call n'aborde pas les conséquences liées à la crise 2008 comme le déclassement ou l'impact de la perte d'emploi même si cela est brièvement évoqué. Margin call évoque l'instant avant la catastrophe. 

 

Mais il y a dans tout cela l'humanité qui porte en son sein sa propre destruction et on entend encore longtemps après la fin du film les coups de pelle du personnage principal qui enterre le seul être pour lequel il avait encore de l'affection, sa chienne...

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