Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 17:25

Assurément en traduisant le titre original du film « The Beaver » en « Le complexe du Castor » il y a un glissement du personnifié vers l’analyse pathologique.

Avec « The Beaver », le Castor donc, on comprend parfaitement la réflexion inquiétante de la marionnette  « je ne suis pas un jouet », alors que le titre français « le complexe du castor », lui, renvoie d’avantage à une relation plus ambiguë du personnage principal et de sa marotte et lisse cette inquiétante étrangeté du Castor devenu réel.

Ce film, que l’on aurait pu craindre empreint de psychologisme et de bonnes intentions, traite à plusieurs niveaux de différentes pathologies (dépression, deuil, héritage familial…).

Mais c’est avant tout dans les aspects scénaristiques que l’on retrouve tout le brio de la production américaine. Jodie Foster semble suivre en cela les préceptes de Robert Mc Kee qui fait du scénario un élément supérieur à la réalisation ce qui, au passage, est un aspect rassurant pour une comédienne passant derrière la caméra.

L’histoire est en tout point réussi, à tel point que l’on peut même se demander à un moment si ce n’est pas le Castor le personnage principal et qu’en prenant possession du père il peut assouvir sa soif de contrôle et libérer son égo. Un égo tellement développé que la firme de jouets que dirige le père se met à construire à et distribuer la figure du Castor en des milliers d’exemplaires comme jouet pour les enfants.

La mise en scène quant à elle est de facture assez classique, pas de tentatives de pousser le film dans des essais stylistiques trop osés, c’est un travail efficace mais sans surprise.

On regrettera le lieu commun du couple WASP et un Mel Gibson, assez bon dans son interprétation, avec peut-être un peu trop de complaisance avec jeu de chien battu dépressif. Mais après tout ces lieux communs doivent bien exister et l’on ne doit pas rejeter l’archétype du couple des années 50 sous seul prétexte qu’il n’est plus la représentation actuelle.

Il y a deux choses que réussit assez bien Jodie Foster, si l’on excepte quelques plans et musiques larmoyantes, d’une part la tentative, un peu trop symbolique, de deux couples cherchant à s’extirper l’un l’autre de leur pathologie – on omettra la scène de remise des diplômes qui sombre dans la scène de genre de série américaine – et la réconciliation du fils et du père, qui permet de rompre un héritage en forme de pathologie de dépressif.

Reste le choix décisif, un peu trop vite traité, entre la petite boîte contenant, enfermant devrait-on écrire, les souvenirs familiaux, et la reprise de contrôle face au castor libérateur devenu despote.

Le Castor sorte de transfert adéquat aurait pu devenir un film d’une grande bizarreté s’il avait choisi la voie de la folie ; il a choisi celle de la réconciliation et il n’est pas inintéressant, loin de là, de s’approcher de cette tentative de déraillement.

Une dernière note concernant les deux seconds rôles que sont ceux de la jeune fille balbutiant une nouvelle blonde incendiaire (Jennifer Lawrence), mais un ton au-dessus du rôle tenu par le fils (Anton Yelchin).

Partager cet article

Repost 0
Published by loeiletlolive.over-blog.com
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de loeiletlolive.over-blog.com
  • Le blog de loeiletlolive.over-blog.com
  • : cinéma indépendant
  • Contact

Recherche

Liens