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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 21:16

Si l'on excepte le fait que Leonardo di Caprio soit l'acteur principal du dernier film de Christopher Nolan et de Martin Scorsese il est intéressant de tracer un parallèle entre ces 2 films et ce que l'on pourrait nommer le coeur du système.

En effet chacun travaille, avec succès, sur l'illusion, parfois collective, de la réalité. C'est un thème assez fréquent dans le cinéma américain que l'on retrouve dans des films aussi divers que Matrix (Illusion collective) ou Usual Suspect (illusion narrative) ces 15 dernières années.

Le trait semble s'être renforcé avec Inception et Shutter Island.

Inception, à l'instar de The Dark Knight, opte pour un scénario délibérément catastrophe, et dans les 2 cas, même si l'on peut regretter la surabondance des armes à feu, force est de constater l'efficacité de la bande-son. On est très vite happé par ce personnage qui erre entre les rêves pour redéterminer, redonner, réorienter la réalité et aussi retrouver une sérénité perdue dans ces limbes.On est surpris en revanche de se retrouver à nouveau à Paris (relent de Da Vinci Code?) comme si un certain ésotérisme trouvait sa source, son explication dans notre capitale, alors que toute l'influence transpire de Vienne (Jung et Freud notamment).On passera aussi rapidement sur la machine avec un étrange bouton rouge qui permet de se transporter dans un rêve collectif ou pour le moins collectivement dans un rêve - on aurait eu le droit dans les années 60 à une explication de 15 minutes sur son fonctionnement - 

Ce qui frappe, au-delà de la structure en poupée russe des rêves, c'est le rêve enfermé, celui de l'épouse délaissée, qui hante et structure la réflexion, qui terrorise le personnage principal d'Inception. Ce rêve ou plutôt cauchemar est aussi à l'oeuvre dans Shutter Island et c'est là sans doute où se rejoignent ces 2 films avec des fortunes diverses pour chacun des héros, la libération pour l'un et l'éternel enfermement pour l'autre.

Le sujet semble pour autant plus sérieux dans Shutter Island, les réminiscences de la guerre (mieux "exploitées" dans l'histoire originale et la bd du même nom que le film-même d'ailleurs) le traumatisme d'un infanticide, tout concourt à se retrouver dans un labyrinthe sans sortie, une île délaissée comme une raison sans ancrage.

Ce qui est étrange, et peut importe le personnage féminin, même si, je pense, que l'on aurait pu aller plus loin dans le jeu des comédiennes de cet effroi lié à la folie féminine, c'est justement cette déraison, ce déraillement - et non hystérie- au coeur des 2 films.

Cette figure féminine semble être le minotaure contemporain, l'épicentre d'un monde irréel ou plutôt se nourrissant d'une interprétation irréelle et cauchemardesque, d'un traumatisme à l'écho infini.

Pourtant le minautore contemporain ne serait-il pas plutôt à chercher du côté du contrôle (thème qu'abordait rapidement Matrix mais que dissèque, entre autre, parfaitement David Fincher dans The Social Network)?

Même si, au final, un monde où une mère tue ses enfants n'est plus un monde d'humanité.

L'Oeil & L'Olive

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