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3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 08:13

Dernier film de David Cronenberg, Cosmopolis suit la lente dérive d'un jeune milliardaire, Eric Packer, au travers des rues d'un New York en ébullition. Assis sur son trône, celui-ci a décidé de traverser la ville à bord de sa limousine transformée en paquebot amiral pour se rendre chez son coiffeur traditionnel et ce malgré les menaces d'attentats qui pèsent sur lui. 

 

Suit alors une série de portraits qui de l'ami au médecin en passant par les conseillers vont permettre de cerner la personnalité du jeune homme et au réalisateur de traquer les moindres caractéristiques de l'hypercapitalisme et de se lancer dans une réflexion sur ce monde qui sombre de sa propre avidité.

 

Porté par le flot de la voiture, ce film, qui est à la limite de l'anticipation, remonte paradoxalement le fil du temps et trouve ses référents- la majesté en moins - dans la chute de l'ancien Régime au 18ème siècle. En effet ces nouveaux gouvernants - il n'y a pas l'illusion d'un système démocratique- se coupent sciemment du reste du monde (voitures blindées, gardes du corps...) et s'interrogent d'avantage sur les prochaines plus-values à réaliser qu'au grondement assourdissant du monde autour d'eux; d'un monde qui se révolte contre cet empire de l'argent.

 

Malgré cette brillante critique du système ploutocratique dans lequel nous vivons Cosmopolis oscille constamment entre chef d'oeuvre et catastrophe narrative; le parti pris de dire plus que d'entendre rend le film considérablement bavard, verbeux et l'on sort étourdi cette logorrhée. 

 

Cronenberg se perd ainsi dans de longues et fastidieuses tirades où l'on cite pêle-mêle Icare, Saint Augustin, comme si le réalisateur tentait d'avantage un essai philosophique sur la fin du monde qu'une oeuvre à voir.

 

Alors que retenir de Cosmopolis? sans doute ce bruit assourdissant de l'extérieur, ce grondement de colère terriblement actuel qui transperce même les vitres les plus blindées, et qui se donne à entendre encore bien longtemps après la fin du film.

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