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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 06:07

A regarder le caractère esthétisant ou à écouter la BO du film de Refn il ne fait pas de doutes que celui-ci puise ses références dans les années 70 et 80, le parrallèle avec Bulitt  - scénario comme physionomie de l'acteur - est d'ailleurs saisissant.

 

Seulement Bulitt incarnait, avec Steve McQueen, un certain idéal masculin (puissance, force, vitesse, machisme...), idéal un peu désuet désormais, là où le rôle tenu par  Ryan Gosling semble plus tenir de l'enfant un peu attardé - il n'y a qu'à revoir la scène où il regarde un dessin animé avec l'enfant de sa voisine - tout simplement parce que Drive justement n'incarne rien d'autre qu'une réminiscence.

 

Drive, outre ses indéniables qualités de mise en scène, on pense notamment à la splendide scène d'ouverture, annonce un certain type de cinéma pour trentenaires et quarantenaires actuels: celui du nostalgique et du vintage (voitures américaines, blouson "bad boy"...); un moment confortable où l'on revoit avec les qualités techniques de son temps les origines de son imaginaire, une sorte de madeleine de Proust mâtinée de nutella.

 

Pour illustrer le propos on pourrait reprendre aussi la BO du film, notamment le puissant Night Call de Kavinsky, mais surtout le très "eighties" Under your Spell de Desire du créateur et directeur artistique du collectif Valérie dont le propos est justement  d'élaborer de la "nostalgic music".

 

Dive n'est pas un film reflet de  son époque et ne possède pas un style particulier qui pourrait faire reconnaître son réalisateur parmi d'autres - on pourrait même s'ingénier à tisser de nombreux référents entre ce film et la publicité - Drive est avant tout un film qui exprime notre rapport à la consommation et d'abord à la consommation d'images.Il joue subtilement d'un univers passé voire même suranné pour certains.

 

Ce que l'on vient chercher en allant voir Drive c'est ce qui conforte notre imaginaire dans l'idée qu'il se fait du monde au travers du prisme des anciennes images ingérées et les quelques scènes de violence, pour dérangeantes qu'elles puissent être, n'en font pas un film dérangeant pour autant. Drive est, pour reprendre les termes de David Grellier au sujet de sa musique, un "nostalgic movie".

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