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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 22:15

Jusqu’à présent notre perception, notre mouvement dans le monde, pouvaient être considérés comme le fruit de notre volonté, de notre éducation, de nos peurs ou encore pour certains de notre langage.

Il nous faut désormais compter avec l’usage que nous faisons des technologies. Par usage nous entendons toute pratique s’inscrivant dans les lois de notre société et visant à atteindre un objectif, pratique facilitée aujourd’hui par Internet (a).

Ces usages sont de toutes sortes et font parti de notre quotidien : commander un billet de train, faire des courses, consulter son compte en banque, envoyer un message…

Tout cela, dans la joyeuse anarchie qui a régné au début d’internet, semblait libre, gratuit et accessible à tous. Cela paraît toujours l’être tant accéder à un service n’est qu’à quelques clics, mais il y a une contrepartie car Internet cherchait son modèle économique. Cette contrepartie est la commercialisation de nos données personnelles et plus généralement l’analyse de notre navigation sur les sites. Notre comportement est donc scruté, analysé, et encore ne s’agit-il ici que d’internet (b).

Ainsi, la facilité d’accès aux services que nous rencontrons n’a d’égale que la perte d’informations que nous laissons de nous-mêmes (c). Certains s’en offusqueront, d’autres diront que cela fait parti du jeu.

Pour autant quel rapport avec un quelconque emprisonnement ? Comment pourrais-je me sentir piégé dès lors qu’Internet me donne accès à un savoir que je n’avais pas (d) ? Que tout m’est désormais accessible, et, grâce à l’internet intégré aux téléphones mobiles, en tout lieu (e).

En réalité nous avons oublié que derrière l’empathie générée par le net, en particulier sur les réseaux sociaux, une économie immatérielle se bâtissait et, comme toute économie, celle-ci cherchait son point d’équilibre ; point d’équilibre qu’elle commence à trouver à partir de nos usages sur ses propres services.

Ainsi, la facilité d’accès aux services que nous rencontrons n’a d’égale que la perte d’informations que nous laissons de nous-mêmes. Certains s’en offusqueront, d’autres diront que cela fait parti du jeu.

Pour autant les récentes affaires d’espionnage avérées nous ont montré à quel point Internet était l’enjeu du savoir et de la surveillance. A tel point que les frontières géographiques nous semblent bien poreuses et que l’on aurait plus à se méfier de sa messagerie emails que de la curiosité mal placée d’un voisin.

Néanmoins ce qui reste problématique, et cela d’autant plus que nous sommes censés vivre en démocratie, c’est la restitution de ce que nous laissons, c’est  l’opacité autour de l’accès à nos propres données, à ce que l’on sait de nous en somme.

Pour aller plus loin, s’il m’avait paru simple en tant qu’individu de pouvoir échanger ou consommer tel que bon me semblait, l’on s’aperçoit désormais à l’usage des œillères qui nous sont petit à petit placés sur les écrans-mêmes que nous utilisons : des moteurs de collecte travaillent et nous restituent un monde qui paraît correspondre à nos propres requêtes. Cela est symbolisé parfois par une offre commerciale, parfois par une proposition d’article à lire, délimitant ainsi notre propre investigation, notre propre découverte (f).

C’est en voulant nous faciliter la vie que nous provoquons nos propres limites de perception et le monde n’est plus ce qu’il est mais devient ce que l’on nous recommande par l’analyse de notre propre navigation ; nous ne voyons donc plus ce qui se présente à nous comme tel mais comme le résultat d’un algorithme.

 

Dans le livre de Serge Soudoplatoff  Le monde avec Internet  on trouve p.53 une définition d’Internet comme étant un réseau de réseaux, un ensemble de protocoles, et des services.

Cf à cet effet l’article du Monde du 02/11/2013 « les algorithmes qui nous gouvernent » qui aborde le sujet de la surveillance de nos données sur d’autres canaux tels que les péages par exemple

Ainsi, on pourrait presque dire que Google avec l’historique de l’ensemble des requêtes et recherches des Français en sait plus sur leur profil psychologique que l’Insee elle-même.

Prenons l’exemple de Wikipédia qui permet à chacun de co-construire un savoir commun.

Le terme Mobiquité comme tant d’autres néologismes a fait ainsi son apparition

 

Il serait intéressant de noter d’ailleurs à ce propos l’entrée remarquée à la bourse de New York de la société française Criteo spécialiste du ciblage publicitaire sur Internet le 30 octobre dernier quand La Redoute annonçait dans le même temps 700 suppressions d’emplois.

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