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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 22:14

En prenant dès les premières images le parti du flash back Valérie Donzelli déplace sciemment le sujet de la maladie vers celui des conséquences de cette maladie, conséquences à tous niveaux tant sur le plan affectif que social.

 

L'enfant est sauf nous dit le premier plan et jette ainsi le pathos qu'aurait pu charier le film vers une autre histoire: l'histoire d'un jeune couple en prise avec le cancer de leur premier enfant.

 

"La Guerre est déclarée" n'est donc pas un film sur la maladie, mais la déflagration de celle-ci sur un couple, Roméo et Juliette, à qui, comme tant d'autres, rien ne prédisposait à vivre cela.

 

"Vivre cela", comme un combat, une guerre à déclarer, leur donne pourtant un sentiment de vivre quelque chose d'unique, et à chaque fois qu'ils descendent un peu plus dans la noirceur de la maladie de leur enfant ils en découvrent le revers lumineux. La mort épouse la vie et ce film aborde cet interstice entre l'ombre et la lumière de très belle manière.

 

L'enfant dans son lit en cage, l'enfant avec sa charlotte trop immense, cet enfant s'en sortira, le couple non, comme si l'énergie folle déployée à croire les avait définitivement usés. Ils sont "détruits mais solides".

 

Le film est d'autant plus  fort qu'il s'agit là de la propre histoire vécue par les 2 acteurs principaux qui arrivent, funambules, à ne jamais verser dans un pathos incongru.

Est-ce pour cela que beaucoup de seconds rôles ne semblent pas au même niveau?

 

Ce niveau porté dépasse l'auto-biographie romancée et l'on ne peut que saluer le jeu de Valérie Donzelli et Jérémi Elkaïm qui prennent aussi le risque de revivre cette douloureuse expérience ou peut-être était-ce le moyen d'exorciser à jamais ce passage de leur vie? 

 

"La Guerre est déclarée" est un très beau film où la BO ne dégage aucune fausse note; on oubliera vite les charges un peu gratuites de la réalisatrice contre "un certain conformisme bourgeois" qui en soi n'apportent rien.

 

On suivra avec intérêt cette aventure nocturne où un couple revêt ses habits d'acteurs et semble revivre, enivrés, de ce qu'ils savent déjà: de la mort surgit la lumière.

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Mike 22/10/2011 14:58


Bonjour,
Votre article est très bien. Je suis parfaitement d’accord avec vous sur le développement du thème.
Ma vison du film me paraît cependant en double teinte, sous un angle plus technique. Le diable est dans les détails.
Je me méfie toujours des films écrits, réalisés et joués par le même artiste (sauf pour Clint Eastwood et Woody Allen). Cela renferme un film dans la seule vison prismique du scénariste, alors que
l’art du cinéma est d’allier plusieurs arts et points de vues. Cependant ce qu’a fait Valérie Donzelli est remarquable et ne pouvait être conçu qu’autour de sa propre vision. Le développement du
thème est abordé sous l’angle du combat d’un couple et on la remercie de ne pas avoir versé dans les clichés pathétiques. Pour la partie scénario, bravo.
Pour sa composition de réalisatrice, cela me paraît moins évident. Les plans sont très bien cadrés avec une photographie qui met parfaitement le thème de la scène en valeur. L’on reconnaît bien là
les études d’architecte de Valérie Donzelli qui soulignent les effets par la structure, la matière, la texture, la couleur. Mais il manque des points de liaison dans le montage, cassant les tempos,
passant d’un sous-thème à un autre. Et ce qui m’a frappé en particulier, c’est la différence de style entre les scènes, passant allégrement du surréalisme pour l’acte 1 et l’acte 3, et à
l’hyperréalisme pour l’acte 2.
Pour ce qui convient du jeu d’acteur, je n’aime pas Valérie Donzelli. Dans ces films précédents également, comme dans « l’art de séduire », je trouve qu’elle veut trop donner un style hyper-naturel
à son jeu, ce qui crée effectivement un décalage avec les seconds-rôles et / ou la scène. La prestation de Jérémi Elkaïm me paraît tout aussi inégale, souvent excellent, parfois pas sur la bonne
intensité de jeu ce qui détruite l’effet de la scène. Ce qui laisse libre-champs à la Bande Originale. Par contre là, je la trouve sublime, effectivement aucune fausse note. Elle habille
parfaitement le film. Mais j’oserai dire heureusement qu’elle est là. Sauf pour la scène horrible où les deux acteurs principaux chantent (changement de style désastreux).
Pour revenir à l’aspect réalisateur, scénariste et acteur, Valérie Donzelli est enfermée dans sa vison en oubliant le personnage principal, le spectateur. Sachant que c’est une histoire vraie, je
compatis pour le mort du couple, mais le scénariste qui doit être un fin psychologue et ne doit pas oublier que l’événement structure. Enfin, je pense que Bonny & Clynde aurait été mieux que
Roméo et Juliette.
Pour conclure, je décerne une Palme d’or pour le rôle de sa vie : le bébé, sûrement le meilleur acteur du film.

Mike
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